Touraine-Mesland

Une dénomination au nord de la Loire

Au nord de la Loire, Touraine-Mesland désigne un périmètre viticole situé dans le Loir-et-Cher. Son statut et son aire géographique se lisent dans le cadre de l’AOC Touraine. La distinction entre appellation et dénomination complémentaire permet de comprendre la mention portée sur l’étiquette. Les communes concernées et les couleurs de vins admises précisent ensuite le champ de cette dénomination.

Reconnaissance

InterLoire indique que Touraine-Mesland a été reconnue le 15 juillet 1955. Cette date correspond à la reconnaissance de la dénomination géographique complémentaire, et non à la création d’une appellation indépendante portant uniquement le nom de Mesland.

Sur le plan juridique, Mesland complète l’AOC Touraine : la dénomination précise l’origine géographique au sein de cette appellation. Sur l’étiquette, la référence est donc l’AOC Touraine complétée par la mention Mesland. Cette lecture distingue clairement le nom de l’appellation de celui de la dénomination.

Le périmètre concerne des vins tranquilles. Les vins mousseux ne relèvent pas de cette dénomination ; les couleurs admises sont les blancs, les rouges et les rosés. La date de reconnaissance et le statut complémentaire permettent ainsi d’identifier ce que recouvre précisément le nom Touraine-Mesland.

Communes

L’aire se situe dans le Loir-et-Cher, au nord de la Loire. Sa référence géographique est le cahier des charges de l’AOC Touraine, arrêté le 1er septembre 2025 et publié au Journal officiel de la République française le 5 septembre 2025, avec le code géographique 2024.

  • Mesland figure parmi les communes concernées ; le nom de la dénomination reprend celui de cette commune du Loir-et-Cher.
  • Monteaux est également comprise dans l’aire géographique de Touraine-Mesland, selon le périmètre défini par le cahier des charges.
  • Veuzain-sur-Loire est concernée avec ses communes déléguées d’Onzain et de Veuves, mentionnées dans la délimitation géographique.
  • Valencisse est concernée avec ses communes déléguées de Chambon-sur-Cisse et de Molineuf, également citées dans le périmètre.

La dénomination s’applique uniquement aux vins blancs, rouges et rosés. Cette liste identifie les communes et communes déléguées retenues dans le périmètre, sans étendre la mention à des vins mousseux.

Encépagement

L’encépagement de Touraine-Mesland distingue les cépages principaux des cépages complémentaires autorisés. Les règles précisent à la fois la composition des raisins à la vigne et, pour certains vins, la place du cépage principal dans l’assemblage. Les proportions ne sont pas identiques pour le blanc, le rouge et le rosé. Elles sont définies par le cahier des charges de l’AOC Touraine, modifié par l’arrêté du 1er septembre 2025, publié au Journal officiel le 5 septembre 2025.

Blanc de chenin

Le blanc de Touraine-Mesland est principalement issu du chenin B, cépage principal de cette couleur. Le cahier des charges autorise aussi le chardonnay B et le sauvignon B comme cépages accessoires. La distinction porte donc sur leur rôle dans la composition : le chenin constitue la base du vin, tandis que les deux autres peuvent intervenir en complément.

Cépages autorisés pour le blanc de Touraine-Mesland
CépageRôleProportion indiquée
Chenin BCépage principalLe vin doit en être majoritairement issu
Chardonnay BCépage accessoireAucun pourcentage propre n’est précisé ici
Sauvignon BCépage accessoireAucun pourcentage propre n’est précisé ici

La règle établit une majorité de chenin dans le vin, sans fixer dans ces éléments une répartition chiffrée entre chardonnay et sauvignon. Il ne faut donc pas attribuer à ces deux accessoires une part minimale ou maximale non indiquée.

Pour lire la composition d’un blanc de Mesland, le repère déterminant reste le chenin B. Le sauvignon peut participer à l’assemblage, mais il demeure un cépage accessoire et ne définit pas le profil réglementaire du blanc.

Rouge et rosé de gamay

Le gamay N est le cépage principal des rouges de Touraine-Mesland. À la vigne, il représente au moins 60 % de l’encépagement destiné au rouge ; le côt N et le cabernet franc N complètent la composition, dans les fourchettes prévues par le cahier des charges. Le vin assemblé doit lui aussi rester majoritairement issu du gamay.

Proportions des cépages pour les rouges et les rosés
CouleurCépageRôle et proportion
RougeGamay NCépage principal ; au moins 60 % à la vigne et majorité dans l’assemblage
RougeCôt NCépage complémentaire ; de 10 à 30 % à la vigne
RougeCabernet franc NCépage complémentaire ; de 10 à 30 % à la vigne
RoséGamay NAu moins 80 % de l’encépagement
RoséCabernet franc N et côt NCépages accessoires

Les pourcentages rouges concernent l’encépagement à la vigne ; ils ne donnent pas une recette fixe d’assemblage. Les fourchettes du côt et du cabernet franc peuvent varier, sous réserve du minimum de gamay et de sa majorité dans le vin. Pour le rosé, le seuil de 80 % concerne le gamay dans l’encépagement, tandis que le cabernet franc et le côt restent accessoires.

Cette composition se distingue de l’indication régionale « gamay », qui exige au moins 85 % de gamay et n’emploie pas le nom Mesland. Le nom du cépage sur cette indication correspond donc à une exigence de proportion différente de celle applicable aux vins rouges de Touraine-Mesland.

Sucre et rendement

Le cahier des charges de l’AOC Touraine, arrêté le 1er septembre 2025 et publié au Journal officiel le 5 septembre, encadre les catégories de sucrosité et les seuils de production. Les seuils de sucres fermentescibles décrivent le vin, tandis que la richesse minimale concerne le moût avant fermentation. Le rendement annuel et son butoir sont exprimés en hectolitres par hectare : ils ne se confondent pas avec la richesse du raisin. Les exigences varient selon la couleur, avec des repères distincts pour le blanc et le rosé, puis pour le rouge sec.

Blanc et rosé

Pour les blancs et rosés, la catégorie de sucrosité dépend de la concentration en sucres fermentescibles du vin. Les seuils de classement se lisent ainsi :

  • Les blancs et rosés sont secs lorsque les sucres fermentescibles du vin fini restent inférieurs ou égaux à 9 g/L ; la borne de 9 g/L est incluse.
  • Le demi-sec correspond à une teneur supérieure à 9 g/L et inférieure ou égale à 18 g/L ; 18 g/L appartient donc encore à cette catégorie.
  • Au-delà de 18 g/L de sucres fermentescibles, le blanc porte la mention « moelleux » ou « doux » ; cette limite supérieure est strictement dépassée.
  • La richesse minimale en sucres du moût est de 162 g/L pour les blancs comme pour les rosés, avant la fermentation alcoolique.
  • Le titre alcoométrique volumique naturel minimal du moût est fixé à 10 % vol pour ces deux couleurs ; il s’agit d’un critère distinct des sucres résiduels.
  • Le rendement annuel est plafonné à 60 hL/ha pour le blanc, butoir 70 hL/ha, et à 55 hL/ha pour le rosé, butoir 67 hL/ha.

Un blanc plus doux reste un Touraine-Mesland à base de chenin : la mention « moelleux » ou « doux » décrit sa teneur en sucres fermentescibles, sans en faire un sauvignon.

Rouge sec

Pour le rouge sec, les sucres fermentescibles du vin fini ne dépassent pas 2 g/L. Le moût doit présenter une richesse minimale de 171 g/L en sucres et un titre alcoométrique volumique naturel d’au moins 10 % vol. Ces deux valeurs s’appliquent avant fermentation et ne désignent pas la teneur résiduelle du vin en sucres.

Le rendement est fixé à 55 hL/ha, avec un butoir de 67 hL/ha. Pour lire l’étiquette et situer le profil réglementaire du rouge, retenez donc le seuil de 2 g/L ; la richesse du moût et le rendement encadrent, eux, les conditions de production.

Questions fréquentes sur Touraine-Mesland

Ces réponses précisent les cépages, les sucres résiduels et les communes de l’aire de Touraine-Mesland.

Touraine-Mesland est-il un gamay de Touraine ?

Oui, le rouge de Touraine-Mesland est principalement élaboré à partir de gamay, mais il relève de la dénomination Mesland, et non de l’indication régionale « gamay ». Le cahier des charges de l’appellation Touraine, dans sa version de 2025, prévoit aussi le cabernet franc et le côt parmi les cépages rouges concernés. La présence de gamay décrit donc le cépage dominant, tandis que Mesland désigne la dénomination du vin. Sur l’étiquette, ces termes n’ont pas le même rôle : l’un nomme un cépage, l’autre rattache le vin à son appellation.

Le blanc de Mesland est-il du sauvignon ?

Non, le blanc de Mesland est principalement issu du chenin B, et non du sauvignon. Le cahier des charges de 2025 autorise le sauvignon B et le chardonnay B comme cépages accessoires ; ils peuvent accompagner le chenin, mais ne constituent pas les cépages principaux du blanc. Cette distinction permet de répondre précisément à la question : un vin blanc de Mesland n’est pas, par définition, un sauvignon. Le nom de l’appellation ne désigne pas à lui seul un assemblage fixe ni une proportion identique dans chaque cuvée.

Le Mesland peut-il être demi-sec ?

Oui, un blanc ou un rosé de Mesland peut être demi-sec si sa teneur en sucres résiduels dépasse 9 g/L sans excéder 18 g/L. Le cahier des charges de 2025 classe comme sec un vin contenant au plus 9 g/L ; au-delà de 18 g/L, le blanc ou le rosé relève des catégories moelleux ou doux. Pour le rouge, la limite est différente : il doit rester à 2 g/L de sucres résiduels au maximum. Ces seuils distinguent les profils selon la couleur et le niveau de sucre.

Où se trouve l’aire ?

L’aire de Touraine-Mesland se trouve dans le département de Loir-et-Cher, dans le secteur de Mesland, au nord de la Loire. Le cahier des charges, conformément à l’arrêté du 1er septembre 2025, situe l’aire dans les communes de Mesland et Monteaux, ainsi que dans des parties de Valencisse, Valloire-sur-Cisse et Veuzain-sur-Loire. Les limites ne couvrent donc pas nécessairement chaque commune dans son intégralité : pour Valencisse, Valloire-sur-Cisse et Veuzain-sur-Loire, l’aire concerne seulement les portions délimitées par le texte officiel.